Personne au centre d’un chemin entre un espace organisé avec agenda et ordinateur, et un univers plus fluide avec eau, nature, relations sociales et outils numériques.

Faut-il vraiment s’organiser ou parfois laisser l’eau couler ?

Entre discipline et improvisation, organisation et liberté, cet article explore comment trouver un équilibre personnel dans un monde marqué par l’IA, les réseaux sociaux, le travail numérique et les relations sociales.

Personne au centre d’un chemin entre un espace organisé avec agenda et ordinateur, et un univers plus fluide avec eau, nature, relations sociales et outils numériques.

 

Alors, est-ce qu’on a besoin de s’organiser ou de tout faire au feeling ?

C’est une grande question.

Je pense qu’il y a une partie de logique et puis une partie plus instinctive ou émotionnelle. D’un côté, on peut vouloir que tout soit parfait, organisé, bien rangé, propre, prévu à l’avance.

De l’autre, on peut avoir envie d’improviser, de se laisser guider par la vie et, comme j’aime bien le dire, de simplement laisser l’eau couler.

On pourrait presque opposer deux extrêmes.

D’un côté, la perfection dans l’organisation.

De l’autre, le feeling complet : je ne prévois pas forcément tout, je regarde comment les choses évoluent et je m’adapte.

Mais est-ce qu’une de ces deux solutions est réellement meilleure que l’autre ?

Je pense justement que le problème est là : chercher uniquement l’un ou uniquement l’autre risque de nous faire perdre une forme d’équilibre.

Tout le monde n’a pas appris à s’organiser

Il y a des personnes qui ne savent pas s’organiser, qui n’ont jamais vraiment appris à le faire ou qui ne prennent simplement pas le temps de s’organiser.

Et aujourd’hui, avec un téléphone, un ordinateur, Internet, les réseaux sociaux et toutes les possibilités offertes par nos sociétés modernes, on peut rapidement se retrouver perdu.

Bien sûr, il existe des problèmes beaucoup plus importants.

Même dans un pays comme la France, certaines personnes rencontrent des difficultés pour avoir un toit, de quoi manger ou simplement de quoi vivre correctement.

Il y a également la question des rencontres, de la vie sociale, des vrais amis et de l’entourage.

Donc avant même de parler d’organisation parfaite, je pense qu’il faut revenir à une certaine base.

Cette base, c’est notamment la famille, les amis, l’entourage relationnel, éventuellement les collègues de travail, mais aussi la manière dont on utilise ce que l’on possède et dont on se comporte avec les autres.

Nos sociétés sont très connectées, mais sommes-nous vraiment plus proches ?

Il y a quelque chose qui m’interroge beaucoup dans nos sociétés modernes.

Nous sommes extrêmement connectés technologiquement.

Et pourtant, on peut voir énormément de personnes marcher avec leur téléphone, leurs écouteurs, TikTok, les Shorts YouTube ou d’autres contenus, sans forcément parler aux personnes qui les entourent.

Quand on adresse la parole à quelqu’un, on peut même parfois avoir l’impression que cela ressemble presque davantage à une confrontation qu’à une rencontre sociale.

Je caricature volontairement l’idée.

Nos sociétés modernes ont aussi énormément d’aspects positifs.

Nous avons des routes, des règles, des lois, différentes formes de sécurité et toute une organisation collective.

Même lorsqu’une personne se sent isolée, elle ne vit pas complètement seule dans le monde.

Nous sommes tous, d’une certaine manière, interconnectés.

Et c’est aussi ce qui me fait penser qu’on peut parfois accepter de laisser l’eau couler.

Tout ne dépend pas uniquement de nous.

L’organisation ne règle pas tous les problèmes

On peut s’organiser comme un dingue : cela ne supprimera pas tous les problèmes.

Que l’on soit riche ou pauvre, chacun rencontre des difficultés différentes.

C’est évidemment un raisonnement très basique, mais il montre surtout que la perfection n’existe pas, si on n’est pas chaque jour en train d’y sur une voie correcte.

On peut essayer de trouver sécurité dans sa vie, son logement, son alimentation, son travail, ses relations et son avenir.

C’est important.

Mais au-delà de cette sécurité, chaque personne cherche également ses propres formes d’accomplissement et de bonheur.

Et je ne pense pas qu’il existe une seule définition du bonheur valable pour tout le monde.

Il existe différentes formes de bonheur en fonction des personnes, des périodes de leur vie et de ce qu’elles souhaitent réellement construire.

Donc la question revient :

À quel moment faut-il s’organiser et à quel moment peut-on laisser l’eau couler ?

Quand une certaine stabilité est atteinte, on peut parfois relâcher la pression

Je dirais déjà que lorsqu’on possède une situation relativement stable, on peut probablement se permettre davantage de laisser les choses évoluer par elles-mêmes.

Par exemple, lorsqu’on a des revenus relativement stables, de quoi vivre, éventuellement une famille et la possibilité d’envisager son avenir avec une certaine sécurité.

Cela ne signifie évidemment pas que les problèmes disparaissent.

Il peut y avoir du stress au travail, de la pression familiale, des problèmes relationnels ou tout un ensemble de difficultés quotidiennes.

Mais lorsque les fondations sont suffisamment solides, on peut parfois accepter de ne pas tout contrôler.

Et puis il y a aussi notre temps libre.

Est-ce qu’on veut systématiquement l’utiliser pour travailler, apprendre et progresser ?

Ou est-ce qu’on peut également se distraire, regarder quelque chose, découvrir de nouvelles choses et simplement se changer les idées ?

Là encore, je pense qu’il faut trouver un équilibre.

Faut-il toujours être productif ?

Aujourd’hui, il existe énormément de discours autour de la productivité.

Il faut être discipliné.

Il faut travailler.

Il faut progresser.

Il faut arrêter de procrastiner.

Mais je ne pense pas que la vie soit aussi simple.

Bien sûr qu’il y a des moments où il faut travailler sérieusement.

Mais il existe également des moments où il faut se détacher de ce qu’on est en train de faire.

Parfois, on a besoin d’un véritable « reset », pour reprendre le terme anglais.

C’est-à-dire arrêter momentanément de penser à nos problèmes actuels, changer complètement d’activité et essayer de réfléchir autrement.

On peut même avoir besoin de prendre de la distance avec l’actualité.

Parce que l’actualité peut elle aussi devenir extrêmement lourde à supporter.

Ce qui attire notre attention n’est pas forcément ce qui nous fait du bien

Sur Internet ou à la télévision, ce qui choque attire souvent énormément l’attention.

Dans le marketing, on parle beaucoup de viralité.

En gros, ce qui devient viral est ce qui se transmet énormément d’une personne à une autre.

Mais ce qui est extrêmement populaire n’est pas automatiquement ce qui est le plus utile ou le plus cultivant.

C’est une critique que je peux également faire à certains usages de l’informatique et du divertissement.

De nombreux contenus très populaires sont violents, choquants ou simplement conçus pour attirer notre attention.

Alors quel choix nous reste-t-il ?

Soit « s’ennuyer » à étudier ?

Soit se distraire uniquement avec quelque chose de choquant ?

Je pense qu’il y a quand même un équilibre beaucoup plus intéressant à trouver entre les deux.

La distraction peut également être intelligente, culturelle, sociale ou simplement agréable.

Dans une relation, il faut aussi savoir se mettre au niveau de l’autre

Cela me fait penser à une partie d’échecs que j’avais faite avec quelqu’un il y a plusieurs années.

Cette personne était beaucoup plus forte que moi.

Pendant la partie, elle m’expliquait une technique avancée permettant notamment de protéger son roi avec plusieurs pièces.

Le problème n’était pas que sa technique soit parmi les meilleures à haut niveau.

Le problème, c’est que son niveau était tellement supérieur au mien que son explication ne correspondait pas vraiment à ce dont j’avais besoin à ce moment-là.

Et je pense qu’on retrouve exactement la même chose dans les relations sociales.

Se mettre au niveau de quelqu’un ne signifie pas niveler par le bas.

Cela ne signifie pas non plus faire semblant d’être moins compétent.

Cela signifie simplement comprendre avec qui on parle.

Si vous essayez de faire une démonstration de puissance face à quelqu’un qui ne connaît absolument pas le sujet dont vous parlez, à quoi cela sert-il ?

À mon avis, pas à grand-chose.

Il n’y a plus réellement d’échange.

Le même problème existe dans le marketing

On retrouve d’ailleurs ce problème dans la prospection et le marketing.

Vous allez sur les réseaux sociaux et vous pouvez recevoir énormément de propositions : nouvelle formation, nouvelle école, nouvelle opportunité, marketing de réseau, accompagnement, service, etc.

Tout le monde cherche à vendre quelque chose.

Mais est-ce qu’on cherche réellement à connaître la personne avant de lui vendre une opportunité ?

En prospection, on parle justement de qualification.

C’est-à-dire essayer de comprendre où se trouve réellement la personne dans sa vie à elle.

Quels sont ses vrais problèmes ?

Quels sont ses moyens ?

Quels outils possède-t-elle ?

Quelles sont ses connaissances ?

Où se trouve-t-elle aujourd’hui ?

Et par rapport à mon expérience et à ce que je propose, où est-ce que je peux réellement l’emmener ?

Si on ne cherche pas à comprendre la personne et qu’on veut simplement lui vendre ce qu’on a déjà décidé de vendre, sans relation ni véritable échange, je pense qu’on passe à côté d’une partie essentielle du marketing.

Trop d’organisation peut aussi nous enfermer

C’est là qu’on revient à notre question de départ.

Parce que l’organisation peut elle aussi devenir excessive.

Imaginez que vous ayez préparé un projet extrêmement détaillé pour les trois prochains mois, six mois, cinq ans ou dix ans.

Aujourd’hui, avec l’intelligence artificielle, on peut d’ailleurs préparer très rapidement des plans extrêmement structurés.

Vous pouvez demander un plan de projet détaillé et décider :

« Voilà. C’est exactement ce que je vais faire et je ne changerai plus rien. »

Le problème, c’est qu’à force de vouloir absolument respecter son plan, on peut aussi devenir fermé aux opportunités.

On pourrait dire que l’organisation donne un cadre.

Mais un cadre peut également devenir un enfermement si on refuse systématiquement de regarder ce qui se passe autour.

Donc il faut aussi conserver une ouverture d’esprit, un regard sur notre environnement et le reste du monde.

Mais l’ouverture d’esprit absolue peut également poser problème

Et là encore, on peut tomber dans l’excès inverse.

Être ouvert d’esprit ne signifie pas parler à absolument tout le monde, accepter absolument tout ou ne jamais réfléchir aux risques.

On a tous reçu une éducation, bonne ou mauvaise selon les situations et les points de vue.

Nos parents, notre entourage, notre passé et nos expériences ont joué un rôle dans ce que nous sommes aujourd’hui.

Ensuite, nous prenons progressivement notre propre responsabilité.

Le passé influence ce que nous vivons aujourd’hui.

Et ce que nous faisons aujourd’hui aura forcément des conséquences sur une partie de notre avenir.

Donc faire entièrement confiance à la vie en se disant : « Je ne vais rien prévoir, tout ira forcément bien », me paraît aussi excessif que de vouloir tout contrôler.

Le bon moment pour laisser l’eau couler

Pour moi, il y a notamment un moment où l’on peut laisser davantage l’eau couler : lorsqu’on vient d’atteindre un résultat.

Vous avez travaillé.

Vous avez obtenu une victoire.

Vous avez atteint un certain niveau.

Vous venez d’accomplir quelque chose dont vous êtes fier.

Pourquoi ne pas profiter un peu de ce moment ?

On peut se féliciter.

On peut souffler.

On peut se distraire.

On peut laisser passer une soirée ou une journée sans immédiatement se demander quel sera le prochain objectif.

Mais ensuite, la nuit passe.

Le lendemain arrive.

Et il faut généralement continuer sur la voie que l’on s’est fixée.

C’est peut-être cela, au fond, l’équilibre.

L’intelligence artificielle peut accélérer l’organisation, pas forcément les résultats

Il y a d’ailleurs quelque chose de nouveau aujourd’hui avec l’intelligence artificielle.

Une phase d’organisation peut devenir extrêmement rapide.

On peut préparer un projet, structurer des idées, créer un calendrier, établir des priorités ou réfléchir à plusieurs années de travail beaucoup plus rapidement qu’avant.

Mais faire un plan n’est pas accomplir le plan.

Atteindre des résultats va toujours demander autre chose.

De la discipline.

Des efforts.

Des relations sociales.

De l’ouverture d’esprit.

Des adaptations.

Et probablement une certaine stabilité dans sa vie.

On peut passer trois heures, trois jours ou trois semaines à réfléchir à un plan qui déterminera ensuite un an, deux ans ou même dix ans de travail.

Mais ce n’est pas simplement parce qu’on y pense que cela va se réaliser.

Ce sont les efforts quotidiens qui produisent progressivement des résultats.

Il n’y a pas que le mental

Je suis également assez critique vis-à-vis de l’idée selon laquelle tout dépendrait uniquement de notre mental.

Bien sûr que notre état d’esprit est important.

Mais nous vivons dans un monde interdépendant.

Il existe des conditions extérieures.

Il existe d’autres personnes influentes.

Il existe des opportunités et des problèmes que nous ne contrôlons pas entièrement.

Et puis il existe aussi une part de hasard.

On peut préparer énormément de choses, mais tout ne se déroulera pas nécessairement comme prévu.

Ordre et désordre : une idée qui m’a toujours intéressé

La théorie du chaos m’a toujours intéressé.

Ce que j’en retiens surtout dans cette réflexion, c’est cette idée paradoxale qu’ordre et désordre peuvent finir par coexister.

On peut vouloir créer énormément d’ordre et provoquer malgré tout des conséquences imprévues.

Et à l’inverse, une situation qui semble désordonnée peut parfois faire apparaître progressivement une nouvelle forme d’organisation.

Je ne prétends pas ici donner une définition scientifique complète de la théorie du chaos.

Je parle surtout de la manière dont cette idée m’aide à réfléchir à notre vie quotidienne.

Plus on cherche à tout organiser et à être extrêmement discipliné, plus on peut parfois créer indirectement d’autres problèmes conséquents.

Mais plus on abandonne totalement l’organisation pour simplement se distraire, oublier ses problèmes et subir les événements, plus on risque également de créer d’autres difficultés.

Dans les deux cas, la perfection n’existe pas.

Il y a des moments où il faut agir et d’autres où il vaut mieux ne rien faire

On retrouve le même équilibre dans énormément de situations.

Il y a des moments où il faut prendre la parole.

Et puis il y en a d’autres où il vaut mieux écouter.

Certaines personnes parlent énormément et cela peut finir par provoquer des problèmes.

D’autres ne parlent presque jamais afin d’éviter les risques ou de ne pas dire de bêtises.

Mais là encore, il n’y a probablement pas une seule bonne manière de faire.

Cela dépend du caractère de la personne, de la situation, de son humeur, de son moral et du contexte.

Il existe des moments où une personne sera complètement ouverte à la discussion.

Et d’autres où ce ne sera tout simplement pas le bon moment.

Savoir s’adapter fait aussi partie de l’équilibre.

S’organiser sans chercher la perfection

Je pense donc qu’il n’y a pas de perfection dans l’organisation pure.

Vouloir être ultra-discipliné, tout prévoir et tout faire parfaitement dans l’espoir de garantir entièrement son avenir me paraît exagéré.

Mais l’extrême inverse me paraît tout aussi problématique.

Laisser constamment l’eau couler en se disant que la vie décidera de tout à notre place peut devient de la passivité.

La vie est complexe.

Il y a des choses contre lesquelles il faut lutter en soi.

Il y a également des difficultés auxquelles il faut faire face dans le monde extérieur.

Et parfois, il faut simplement accepter qu’on ne peut pas tout maîtrise à un instant T.

Trouver son propre équilibre

Finalement, je pense avoir résumé l’idée.

Il y a des moments où il vaut mieux laisser l’eau couler.

Et puis il y a des moments où il faut chercher à s’organiser.

Il faut trouver un équilibre entre le moment où l’on travaille et celui où l’on se distrait, entre discipline et improvisation, entre action et écoute, entre cadre / focus, et ouverture d’esprit.

S’organiser trop peut devenir un enfermement.

Ne jamais s’organiser peut nous empêcher d’avancer.

Et quoi qu’on fasse, nous rencontrerons toujours des problèmes.

L’objectif n’est donc peut-être pas de construire une vie où aucun problème n’existe.

L’objectif est plutôt de savoir quand agir, quand réfléchir, quand persévérer et quand simplement laisser la vie suivre un peu son cours.

Et si on cherche notre propre bonheur, je pense également qu’il faut souhaiter une certaine forme de bonheur autour de soi.

Voilà.

Pour moi, l’équilibre se trouve probablement quelque part entre ces deux idées : construire suffisamment d’ordre pour avancer, tout en laissant suffisamment de liberté pour continuer à vivre.

José DUTIAN

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